La mort comme point de départ pour créer une ode à la vie : le cinquième album de Mélissa Laveaux At my softest, I am most dangerous, sorti en juin dernier, embrasse cette idée à travers une pop-indé parfois inquiétante mais toujours hypnotisante. Il s’agit là d’un conte, une transmission de ses souvenirs d’enfance parfois oralisés par sa sœur Cassandre : naissance difficile, brûlure à l’âge de 8 mois et même exorcismes. Ces mésaventures sont racontées et mises en musique par une formation faite de guitare électrique, basse, percussions, cuivres menaçants et même chœurs d’abeilles. Fascinée par le macabre depuis son plus jeune âge, Mélissa Laveaux a grandi dans une famille haïtienne où l’on vit au quotidien avec les esprits, et elle vient ici reconstituer ses expériences dispersées de l’enfance à l’âge adulte. Personnel et politique, cet opus est aussi un appel à l’éveil, une invitation à habiter son corps en échappant à la dissociation, face à une société violente envers les corps « dissidents ». Mélissa, signifiant « abeille », déroule ce thème tout au long de son écriture, utilisant cette arme dangereusement ultime de l’artiste : sa vulnérabilité.
Pour ouvrir la soirée, le duo alternatif Kalupto nous plonge dans un univers tempétueux d’une grande intensité. C’est un piano-voix augmenté de machines et de guitares enivrantes, un cri du cœur à découvrir de toute urgence.
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