Bon on va débusquer directement l’éléphant caché dans la pièce, ce n’est pas un premier album pour cet énergumène dublinois qu’on avait raté il y a 4 ans, mea culpa … Mais on ne pouvait pas vous priver de ce mélange d’électronica expérimentale et de punk explosif, particulièrement incendiaire sur scène et qui vous fera oublier, on en prend le pari, cette terrible entorse au règlement !
Il y a d’abord ce timbre, juvénile et en même temps tellement mature, qui convoque avec aisance les grandes voix de la soul. Et puis il y a la joie et l’émotion que dégagent ses chansons, celles d’une jeune femme qui a autant écouté Billie Eilish et Sabrina Carpenter que Franck Sinatra et Elvis Presley, qui vénère autant le feu du jazz que la vérité de la soul.
Déjà aperçus ici en 2019 avec le projet Trans Kabar, le guitariste Stéphane Hoareau et le contrebassiste Théo Girard convoquent à nouveau les esprits des ancêtres pour leur faire danser une transe sauvage et libre, qui tisse cette fois des liens entre les rituels réunionnais et les vaudous haïtiens dans une créolité électrique et brûlante qui porte la mémoire des langues, des luttes et des traditions.
Nourrie de soul et de jazz autant que de rap et de variété française, cette chanteuse va également puiser dans ses racines camerounaises les ingrédients d’un r’n’b très personnel, porté par une voix à l’amplitude étonnante et dont les textes viennent se frotter aux brûlures de sa jeune vie pour créer un espace artistique empreint de bienveillance et porteur de réconciliation, une passerelle entre le je et le nous.
Ce trio franco-british distille dans son alambic un élixir délicieusement enivrant, en studio comme sur scène, dont les fragrances évoquent autant la dance music que le rock indé ou la brit pop. Il est subtil comme un joli refrain pop mais faites attention à sa puissance, vous pourriez très bien vous retrouver sans même vous en rendre compte à danser la gigue la plus endiablée en front stage !